
Elle sera prochainement de retour au Pays basque, sa terre natale, après un parcours européen inspirant : diplômée de l’Université́ de Deusto, puis de la London School of Economics et du Courtauld Institute of Art de Londres, Miren Arzalluz a successivement dirigé le musée Cristobal Balenciaga à Getaria, l’Institut culturel basque Etxepare à Saint-Sébastien, puis le Palais Galliera, le musée parisien de la mode. Elle vient d'être nommée à la tête du musée Guggenheim de Bilbao.
Elle se définit comme basque européenne et aimerait se reconnaître dans une Europe qui respecte la diversité. "C'est un pilier de mon identité, expliquait elle lors des Rencontres transfrontalières de Bayonne, où elle était invitée à témoigner. Cela a toujours été ma façon de me présenter, à Londres comme à Paris, au-delà des frontièrers que j'aimerais voir disparaître. Tout en reconnaissant que mon identité a été plus facilement accueillie dans la capitale anglaise que la française, où j'ai toujours sentie un peu de condescendance..." Peu importe le mépris lorsque l'on sait d'où l'on vient, et surtout où l'on va, semble exprimer cette intellectuelle, riche de compétences internationales, et pragmatique. Native de Bilbao, elle a eu l'occasion de questionner ses racines, grâce à des études universitaires en histoire d'abord - qu'elle a choisies pour trouver des solutions au violent conflit politique qui secouait alors le Pays baque, puis en politiques comparées, une suite logique.
L'incarnation d'un idéal
C'est vers la mode qu'elle s'est tournée ensuite, à travers la personnalité de Cristobal Balenciaga, né à Getaria. Fascinée de voir à quel point la mode pouvait naître d'une histoire personnelle et avoir une influence universelle. "Je suis persuadée que nous avons une voie bien à nous, dit-elle, une mission que nous sommes seuls à pouvoir accomplir et que nous pouvons partager à l'échelle européenne et internationale." Tout comme Balenciaga, dont les créations à la fois simples, travaillées et audacieuses, ont inspiré tant d'autres couturiers.
En écho au thème de la troisième édition de ces Rencontres, "Transfrontalière : la voie/x des territoires", le témoignage de Miren Arzalluz apportait une touche de fraîcheur aux interventions. Incarnation de ses convictions, elle nuançait toutefois la portée de la culture dans l'élévation des esprits. "La culture ne sera sans doute pas suffisante pour ramener les hommes à la raison", concluait-elle, laissant ainsi la porte ouverte à davantage de coopération, transfrontalière certes, mais également interdisciplinaire.
*Les Rencontres transfrontalières étaient organisées par la Communauté Pays basque